Avertissement
L'usage et, plus précisément, l'usage social n'est pas une notion couramment utilisée en anthropologie. Encore moins lorsqu'il s'agit de la monnaie ou, plus banalement, de l'argent. La monnaie, équivalent général, semble peu conciliable avec le social. Pour tout dire, user socialement de la monnaie parait comme un non sens. C'est économiquement que l'on s'en sert. Quoi de plus paradoxal, dès lors, que de dire: l'usage social de la monnaie, c'est, pour une population en difficulté, autrement dit disposant de peu d'argent, la gestion des incertitudes de sa vie ?
Telle est l'énigme que je pose d'entrée. Je n'ai pas la prétention de la résoudre, mais de la poser comme telle et d'avancer, aussi loin qu'il le peut, du côté de la connaissance. La monnaie permet de mesurer les aspects de la pauvreté, aspects culturels, sociaux, économiques. Venu du Sénégal, je ne peux qu'être sensible, par les questions mêmes que la monnaie me pose, elle m'offre une sorte de « miroitement » où puiser du sens. Religion, société, culture, histoire, mais aussi matérialité de la vie, je m'éloigne souvent des réponses rationnelles, de l'instrumentation des objets, des techniques. Lorsque je pose le problème du symbolique et de l'imaginaire par rapport au réel - comme le fit Lacan -, (...) je questionne le rapport qu'entretient la monnaie avec le corps, l'image, la circulation des objets dans l'échange ; qu'est ce que l'incorporation, la médiation, la solidarité financiere ? Je reponds a cette question a partir de plusieurs points de vue : tout d'abord a partir dans les files d'attente aux guichets.
J'ai confrontes ces concepts à mon terrain, pour vérifier leur souplesse ou leur rigidité. Cette démarche me permet de montrer que la monnaie est substancialisée par le sens qu'elle prend en circulant. Dans les relations, la monnaie prend place à la fois dans le social, l'économique et le culturel. Guichetier - Marabout dont on s'étonnera et se persuadera peu à peu qu'il joue bien un tel rôle.
L'étude que je mène dans ce livre me permet non seulement de travailler les concepts en extension, mais aussi d'inscrire leur compréhension à différents niveaux de la vie sociale. C'est un travail susceptible de plusieurs lectures, du côté de l'économie, de la sociologie, de l'anthropologie, mais aussi de la philosophie. Certes, on pourrait trouver son architecture compliquée, et très construite socialement, avec des recours à mon histoire personnelle. C'est dire que si la monnaie possède en elle même les signes du langage, ces signes sont remodelés par les individus dans leur système symbolique. La monnaie permet d'exister ou non socialement. En elle se lit l'histoire d'une nation, s'exprime son état de santé économique s'articulent des rapports sociaux et de pouvoir.
I - Definition de la monnaie
La monnaie est definie comme un equivalent general qui produit un pouvoir liberatoire. Ainsi, s'interroger sur les questions de la monnaie en général c'est s'interroger en partie sur la société. La monnaie n'est pas qu'abstraction, c'est aussi un moyen synthétique qui permet de mesurer des situations. Seulement, on ne peut pas mesurer toute la difficulté des individus à travers l'étalon monétaire. L'argent par rapport au statut social, n'est pas simplement un indicateur matériel de la vie d'un individu isolé. Il faut tenir compte d'autres facteurs explicatifs de la difficulté. (.....) En quoi consistent les pratiques sociales et culturelles de la monnaie ?
II - Valeur de la monnaie
la théorie économique standard situe l'origine de la monnaie comme « une auto-institution ». Il y a une incapacité des prémisses méthodologiques de l'individualisme pour répondre à la question de la valeur de la monnaie. OR, la monnaie n'a pas une valeur intrinsèque. La monnaie n'est pas à considérer comme quelque chose d'instituée. (....)
Selon Marie Cuillerai, comme pour le jugement esthétique dans La Critique de la faculté de juger chez Kant, la valeur de la monnaie est la manifestation d'un jugement singulier qui prétend à l'universalité, mais qui pour autant ne repose sur aucun prédicat de l'objet. Car la beauté n'est pas un prédicat de l'objet beau. Tout comme le prix n'est pas un prédicat objectif de la monnaie. Beauté et valeur de l'argent se situent dans un rapport entre l'individu et les autres ; entre la subjectivité individuelle transcendantale et l'intersubjectivité.
1 Les fonctions de la monnaie
Si le développement de l'économie marchande a entraîné une confusion entre la fonction de paiement et la fonction d'échange de la monnaie, comme le montre K Polanyi, il faut faire une distinction nette entre monnaie à usages limités et monnaie universelle (à tous usages).
Autrement dit, y compris dans l'économie moderne, la monnaie n'est pas toujours fongible : il existe un cloisonnement des usages monétaires. Nous illustrerons ces propos dans les pratiques monétaires des clients en difficultés de La Poste. Quant à la fonction d'unité de compte de la monnaie, elle consiste à réaliser des échanges sur des quantités de biens hétérogènes.
La pensée de Karl Polanyi constitue une rupture avec une certaine conception de la monnaie chez des économistes. (....) Cependant, comme la plupart des économistes, K Polanyi distingue quatre fonctions essentielles dans les usages monétaires. La monnaie joue un rôle fondamental dans l'autonomisation de l'économique et dans l'autorégulation par les marchés. Mais la reconnaissance de ces caractéristiques ne doit pas faire croire à l'idée d'un marché s'ajustant de lui-même.
2 Monnaie et liens sociaux
Si l'on admet que toutes les relations monétaires s'effectuent à partir d'un rapport à une totalité, alors on peut concevoir et faire apparaître ces rapports comme un ensemble de représentations des luttes symboliques qui se déclinent dans plusieurs registres. Ces relations interrogeraient donc les rapports au pouvoir c'est à dire à la loi, les rapports aux autres, en un mot l'espace du possible. Dans cette perspective, il faut chercher à connaître la logique symbolique à l'oeuvre dans les pratiques monétaires des personnes en difficulté pour éclairer le statut du symbolique.
III - Le statut du symbolique et le statut symbolique de la monnaie
Si l'on met les contraintes du symbolique (les médiations qui permettent l'échange : langage, loi, don, systèmes de signes) au centre du fait humain et du social, reste que le symbolique n'est pas l'échange mais permet de jouer l'échange. Car le symbolique, c'est ce qui renvoie d'abord à lui-même, indépendamment du réel. On trouve alors le problème majeur du croire et de la confiance qui, eux, font la réalité du social comme lien : il faut que le symbolique soit investi, cru, voire aimé en ses symboles.
De ce point de vue, les caractéristiques symboliques de la monnaie doivent être interprétées dans le cadre de la circulation monétaire. Puisqu'on peut lire, dans les rituels autour des produits et des services, la monnaie comme la somme des valeurs associées aux mythes, à l'histoire, aux cultures, aux sacralités et aux temporalités des populations concernées. En fait, si le symbole est une convention, il peut donc faire l'objet d'interprétation, car toute convention est un accord de deux ou plusieurs personnes portant sur un objet.
1- Le langage financier des personnses en difficulté
En nous intéressant aux termes qui permettent aux individus en difficulté de désigner l'argent, on se rend compte que ces mots s'appliquent à toutes les actions, les choses, les êtres qui participent à la vie. Leur façon d'appeler la monnaie nous renvoie aux images du bâtiment (briques), aux substances (blé), aux emballages(sacs) etc. En effet, le blé fait penser à la nourriture, les briques font penser au logement, les emballages aux habits. Et puisque la connotation de ces mots fait penser aux choses vitales, alors agir avec l'argent c'est non seulement montrer que tel objet contient de la vie mais aussi qu'il participe de la construction de l'identité.
Pour ces clients en difficulté, l'argent permet de construire une vraie relation avec les autres. Une vie sans argent est donc une vie sans « blé » (nourriture), sans « briques » (logement) et sans « sacs » (habits). Ils disent chacun : « sans argent on n'existe pas ». L'analyse des mots avec lesquels ces clients désignent l'argent permet de dire que l'argent est une totalité. Ces termes de désignation de la monnaie permettent aussi de comprendre les niveaux de légitimation des pratiques monétaires.
A travers ces mots utilisés, à l'instar de la classification de D de Coppet, on peut distinguer, dans cette clientèle, les différents types de relations sociales : les relations de forme externe « le sac », les relations de vie (de souffle), « le blé » et les relations de représentations « une brique ». On peut aussi dire que les pratiques monétaires sont les mouvements d'articulation de ces trois types de relations qui permettent de vivre la difficulté comme une totalité. Les pratiques monétaires des clients en difficulté sont donc des mouvements généraux de leur vie en société.
2 - Usages de la monnaie dans la chaîne symbolique
Pour sceller dans le même moule les logiques économiques et financières des institutions financières d'une part, et d'autre part des clients en difficulté, il nous faut analyser la pratique monétaire comme un condensé des valeurs culturelles et sociales des participants aux échanges.
Si la pratique monétaire peut être considérée d'un certain point de vue comme une reproduction sociale des valeurs, les individus signifient aussi, par leurs pratiques, leur capacité d'invention et d'innovation. Ex de la place des femmes wollofs et l'argent dans les dictons
En fait, dans l'univers social, elle est une manipulation de signes, l'argent est remodelé dans les représentations symboliques des objets et des êtres. Car les individus se servent de certaines connaissances qu'ils ont des logiques financières pour dégager leurs stratégies ou faire des bricolages qui peuvent leur être bénéfiques.
3 - Argent et rituels
Ces symboles qui permettent de faire confiance apparaîtront d'autant plus solides qu'ils auront été objets de rituels : "la répétition des signes fait loi". Mais, il ne s'agit pas de démontrer qu'il y a du religieux au coeur de l'échange et du rapport à l'argent, donc à ramener systématiquement la question de l'argent dans le domaine du religieux. En effet, en ramenant l'argent dans le religieux, l'on prend le risque de dilution de l'objet dans tout et rien. Car, si le rapport à l'argent s'établit comme un rapport à quelque chose de sacré, cela ne signifie pas que dans certains contextes, ce rapport est religieux ou qu'il est comme de la religion.
En fait, si dans certains cas, les rites sont religieux, dans d'autres, ils sont simplement comme des rites religieux. Mais, même si, il peut y avoir de la religion lorsqu'il y a du rite, l'existence de ce dernier ne suffit pas pour indiquer du religieux dans tout rite : un rite peut être religieux ou profane.
Certes, dans les pratiques monétaires des clients en difficulté, nous retrouvons des rites religieux sécularisés, mais ce qui nous importe c'est de souligner comment le rituel autour de l'argent crée des espaces de marge et donc de liberté.
Il ressort de l'observation de la population en difficulté de La Poste que le rite qu'institue cette population, lui permet d'assurer un contrôle symbolique du temps, et de guérir l'incertain et l'imprévisible. Nous considérons que la difficulté financière entraîne des incertitudes dans trois types de rapports qui sont en réalité un tout : le rapport à soi, le rapport à autrui et le rapport aux circonstances ou aux événements.
IV - Les pratiques monétaires comme fait social total
Marcel Mauss considérait que les pratiques traditionnelles sont des relations. Il se joue dans ces pratiques des affirmations identitaires, des continuités, des échanges symboliques. Il y a comme une certaine obligation de participation dans les relations sociales du groupe. (....)
Mais quels sont les enjeux qui sont à l'origine de ce sentiment d'obligation dans les pratiques monétaires ? Qu'est ce qui rend possible, dans les faits monétaires, ces pratiques culturelles ? Peut - on combiner le réel et le symbolique dans le domaine des pratiques financières ? En d'autres termes le réel économique et le réel culturel sont-ils systématiquement exclusifs l'un de l'autre ?
Dès lors, pour nous, la question est de savoir comment dans une société fortement monétarisée, les individus qui sont dénués de ressources financières suffisantes parviennent-ils à s'en sortir ? Comment intégrer les modalités juridiques propres aux logiques financières à l'intérieur des groupes qui ont d'autres normes et logiques culturelles ? Comment les dispositions juridiques qui accompagnent certains moyens de paiement comme les cartes de crédit sont-elles détournées par les individus en difficulté ?
Chez les individus en difficulté que nous avons observés, la gestion des incertitudes financières est une gestion des liens sociaux : une administration de la socialité doublée d'un contrat narcissique. Pour répondre à cette question, à l'instar du concept d'idéal type d'une part, et d'autre part, à partir des notions de motifs en vue de (les fins) et de motifs parce que (les causes) chez Weber, Schütz développe une théorie de typicalité, pour montrer que chacun a une expérience du monde qui lui est donné comme organisée. (...) Disons avec Kant, qu'elles sont normatives puisqu'elles déterminent les conduites des protagonistes.
En résumé, l'individu en difficulté supposant que ce qu'il accepte est accepté par tout le monde d'une part, et, d'autre part qu'il y aura une acceptation future des autres, il y aura donc des « anticipations croisées ». Si l'on peut, en effet dire que chaque individu se comporterait égoïstement avec la monnaie, chacun poursuivant des buts spécifiques, on aboutira, de ce point de vue, à établir qu'il y a une espèce « d'universalité de l'égoïsme », de l'intérêt qui fait le socle des pratiques et comportements financiers. Or comme l'estime André Orléan il y a dans les pratiques monétaires, une stratégie holiste. C'est à dire que la stratégie individuelle est soumise à « (...),l'effet d'une puissance sociale souveraine par rapport aux volontés individuelles (...) ».
Si, depuis Max Weber et Georg Simmel, la théorie sociologique s'est peu penchée sur la question de la monnaie, des auteurs comme L Von Wiese, Talcott Parsons, Jürgen Habermas ont essayé de nous faire comprendre que celle-ci est un moyen de communication « symboliquement généralisé ». Avec M Aglietta, A Orléan précise, dans la violence de la monnaie, le rôle de l'argent comme régulateur de la violence. Ils fondent leur démonstration sur le désir mimétique de R Girard.
L'intérêt n'est pas à proprement parler individuel, mais il vient toujours de l'autre, le désir provient d'une altérité radicale, c'est à dire d'une extériorité absolue. Le sacrifice permet au groupe de se souder. L'objet sacrifié, c'est à dire la victime émissaire, évolue selon le temps et l'espace. La modification de chaque rituel conduit à remplacer les objets symboliques.
1 Argent et histoires personnelles
La pratique monétaire se fonde sur une série de référents culturels situés socialement dans le temps et dans l'espace. Les perturbations sociales, les fluctuations économiques sont toutes soumises aux logiques culturelles de l'échange. En fait, une monnaie n'existe comme telle que quand elle est soumise aux règles sociales de ceux qui l'utilisent. Chez les individus en difficulté, la solidarité, la non séparabilité, et l'identité, leur permettent de gérer leurs incertitudes avec un minimum d'assurance.
Mais, la prise en compte de l'inconscient ne doit pas enfermer notre analyse dans des interprétations d'inspiration psychanalytique. En effet, certains auteurs se sont appuyés sur des découvertes de la psychanalyse concernant les mécanismes de psychisme humain pour interpréter des pratiques oblatives à partir des symboles universels. Ils voient, dans certaines pratiques oblatives, des cas de névroses voire de psychoses collectives. En fait, ils partent des méthodes élaborées par Freud par rapport au traitement des névroses et de l'analyse des rêves pour expliquer qu'il y a des rapports étroits entre conduites économiques et manifestations libidinales « des civilisations ». Cette perspective appliquée dans diverses pratiques institutionnelles et dans différents mythes des sociétés a fait apparaître qu'il y a une universalité du symbolisme excrémentiel propre aux stades pulsionnels de l'enfance et aux dispositions des adultes.
A partir des constatations des symbolismes, comme « l'argent n'a pas d'odeur », plusieurs théories ont ramené les manifestations culturelles des sociétés à des dispositions névrotiques. Or le système d'analyse freudien, comme nous l'avons rappelé, étudie la pathologie individuelle lorsque celle ci est en marge des normes sociales. Ainsi, comme nous le montre Guy Nicolas, des auteurs comme Geza Roheim se sont permis d'envisager une explication globale du phénomène culturel en fonction d'un seul et même principe. G Nicolas va jusqu'à dire, à propos des interprétations de ces auteurs, que « l'idée même d'une telle explication pourrait relever d'une interprétation psychanalytique, au niveau de l'analyse individuelle. On ne saurait, en outre, déduire des analogies incontestables découvertes entre la structure et le contenu de multiples institutions ou cultures et ceux des névroses ou psychoses individuelles que les unes et les autres relèvent du même principe d'explication.
Nous refusons également de nous inscrire dans la démarche de Norman O. Brown qui s'appuie sur l'opposition freudienne de l'instinct de mort et de l'instinct de vie pour dire qu'il y a un triomphe de Thanatos sur Eros. En effet, l'histoire des clients en difficulté de La Poste comme celle de l'humanité n'est pas comparable, comme le prétend N. O. Brown, à celle d'une névrose. Si nous pouvons accepter l'hypothèse selon laquelle la peur de la mort est celle de la castration et que celle-ci se confonde avec l'angoisse infantile de la séparation d'avec le corps maternel, nous montrerons, que cette théorie « néglige l'extrême variété des cultures et des combinaisons locales de principes souvent opposés, que la réalité nous révèle »
La question est donc de savoir si le don qu'effectue l'individu en difficulté est la « part maudite ».George Bataille postule que le sacrifice est dans l'ordre des choses, c'est à dire de la transgression érotique. Les dépenses des individus permettent à la société de se maintenir en équilibre. Le don, qui se confond avec ce sacré chez cet auteur, relève de la consumation car l'individu est à la recherche de son identité pour son propre pouvoir. Donc faute de pouvoir inscrire ses pratiques dans un ordre symbolique, l'individu se met à rêver sa vie. L'ordre occidental est-il un système fondé sur des fantasmes ?
J Baudrillard considère que cet ordre occidental contemporain prendra fin et qu'il y aura un retour subversif de l'humanité à un ordre antérieur à partir du principe de réversion qui est au coeur même du règne du symbolique. Pour Baudrillard, le symbolique est l'acte qui dissout l'effet de réel résultant de l'application d'un code disjonctif (par exemple le symbolique annulerait l'effet de disjonction vie/mort).
Si les remarques de Baudrillard constituent une avancée sérieuse dans la compréhension du symbolisme, la réversibilité de ce symbolisme, dont il caractérise les sociétés « primitives », nous semble insuffisante. On ne peut en effet, considérer les ordres culturels dans ces sociétés comme fondés uniquement sur des ordres symboliques (réversibles). Par ailleurs, nous aurions pu admettre explicitement que les individus en difficulté que nous étudions, ont un côté névrotique dans leurs pratiques, mais nous craignions de tomber dans des explications de type idéologique comme l'aliénation. Il en est ainsi, lorsque nous ne faisons pas explicitement référence aux travaux du Docteur Collomb et de G. Devereux. |